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Droit à l’avortement : la Cour Suprême des États-Unis fait vaciller les droits des femmes

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C’est une question qui a toujours divisé, et qui divise toujours. Et c’est là qu’intervient la loi.

Le 17 janvier 1975 est promulguée la loi Veil en France relative à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), qui dépénalise l’avortement, au bout de 25 heures de vifs débats au sein de l’Assemblée nationale.

Outre Atlantique, le 22 janvier 1973, la Cour Suprême des États-Unis signe un arrêt historique, le « Roe vs Wade », qui reconnaît l’IVG comme un droit protégé par la Constitution américaine, au nom de la vie privée, dans l’ensemble du pays.

2 silhouettes de femmes se faisant face, nues, ventre rond et plat avec en fond une balance symbole de la justice
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Alors qu’aujourd’hui, la loi Veil continue à être appliquée en France, le 24 juin dernier a porté un coup terrible aux droits des femmes américaines, la majorité conservatrice de la Cour Suprême ayant révoqué cet arrêt qui permettait aux américaines d’avorter sans entrave.

Si l’avortement reste illégal dans un certain nombre de pays, c’est ici un véritable retour en arrière de 50 ans qui s’opère  pour une super puissance mondiale aux allures démocratiques.

On pourra tenter de nuancer le propos en soulignant que cette décision ne rend pas les avortements illégaux, mais laisse (ce qui était le cas avant la signature de l’arrêt Roe vs Wade) chaque État libre d’autoriser ou non l’IVG. Ce qui va nécessairement compliquer les situations de certaines femmes, en fonction de leur lieu de résidence, et de leurs moyens financiers…

À l’heure actuelle, jusqu’à 3 mois de grossesse c’est la pilule abortive qui est utilisée. Passé un délai de 3 mois - c’est ce qui distingue les États-Unis de la France – il est toujours possible de mettre un terme à sa grossesse (jusqu'à 24 semaines environ, soit 6 mois), mais de manière chirurgicale. Les femmes les plus aisées pourront aller se faire avorter dans un autre État, pendant que les moins riches auront recours à des avortements clandestins, dont on connaît les conséquences parfois tragiques…

Cette décision va impacter environ la moitié des États américains. Certains d'entre eux ont déjà commencé à interdire l'IVG, comme l'Alabama, l'Arkansas ou le Missouri. Ils seront certainement suivis par d'autres. A contrario, des États renforcent ce droit, comme la Californie ou l'Oregon. On se dit que tout n'est pas perdu...

Même la censure s’invite dans les lieux dédiés à l’information et à la formation des citoyens, parmi lesquels les bibliothèques ! Il est effarant d’apprendre que dans l’Oklahoma, 1er État à avoir interdit l’avortement après cette décision, un mémo a été adressé à l’ensemble des bibliothécaires du réseau du Comté leur enjoignant de ne plus renseigner les usagers de quelque manière que ce soit sur l’avortement…

On se croirait plongés en pleine « république de Gilead » ( La servante écarlate / Margaret Atwood), vivant sous le regard menaçant de « Big Brother » (1984 / George Orwell). Assez terrifiant. Cela remet en cause une liberté fondamentale pour les femmes : celle de disposer de son propre corps.

Seule la promulgation d’une loi aux États-Unis permettant de nouveau de garantir l’accès à l’IVG protègerait réellement les femmes souhaitant y avoir recours.

En bref, ce revirement pose de nouveau la question des luttes pour les droits des femmes, la liberté de choisir pour et par soi-même, avoir ou ne pas avoir d’enfant.

La Médiathèque départementale vous propose une sélection de documents traitant de ce sujet sous des formats très variés (bandes dessinées, documentaires, romans, films).

Selection thématique

Le droit à l'avortement remis en cause

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Pour aller plus loin :

Vous pouvez consulter la cartographie des États-Unis et le positionnemment de chaque État face à l'IVG sur le site du Monde (carte actualisée), en cliquant ici

La Médiathèque départementale vous propose également d'autres ressources sur les femmes (portraits, droits, égalité des sexes) :

  • Un dossier documentaire que vous pouvez lire / télécharger dans notre rubrique PUBLICATIONS / Dossiers documentaires, ou en cliquant ici 
  • Une malle sur la littérature non sexiste à destination du public jeunesse / ado, empruntable sur demande auprès de la Médiathèque départementale.