Indexer la fiction en bibliothèque : entre subjectivité des œuvres et besoins des publics
La fiction regroupe l’ensemble des œuvres reposant sur l’imaginaire, quels que soient leurs supports. Elle inclut aussi bien les romans que les bandes dessinées, les albums jeunesse ou les films. Ce domaine se distingue des documentaires par son absence de visée informative directe, même si certaines fictions peuvent s’inspirer de faits réels ou aborder des thématiques sociales, historiques ou scientifiques.
Le rapport à la fiction est profondément subjectif. Une même œuvre peut être interprétée et ressentie de manière très différente selon les lecteurs, en fonction de leur âge, de leur culture, de leur sensibilité ou de leur expérience personnelle. Cette dimension sensible et individuelle rend la description et l’organisation de la fiction plus complexes que celles des documents à caractère informatif où l’on retrouve la classification décimale Dewey.
L’indexation de la fiction conserve néanmoins une réelle utilité dans les recherches courantes. Elle permet d’abord aux usagers de trouver des romans abordant des thèmes précis, comme le harcèlement scolaire. Elle répond aussi aux besoins des professionnels des bibliothèques, notamment pour préparer des sélections thématiques en milieu scolaire ou des animations sur des thématiques variées.
Cependant, les outils traditionnels d’indexation montrent rapidement leurs limites. Les bibliothèques doivent donc se doter d’outils évolutifs, capables de s’adapter aux usages des publics et aux transformations des collections. L’indexation de la fiction doit ainsi être pensée comme un système souple, régulièrement actualisé et compatible avec les outils numériques de gestion.
Plusieurs angles d’entrée peuvent être mobilisés pour organiser et faciliter l’accès à la fiction.
Le genre et la forme
La Médiathèque départementale s’appuie sur un thésaurus de « genre-forme » propre, élaboré en collaboration avec les responsables documentaires, afin de proposer des entrées adaptées aux usages et aux publics. Il comporte plus de 300 termes répartis entre les différents domaines (littérature, documentaires, vidéo, musique…) complétés par des genres transversaux.
L’indexation des œuvres est ensuite complétée, lorsque nécessaire, par des genres ou formes plus précis tels que « abécédaires » ou « livres en carton » par exemple, issus du thesaurus RAMEAU, géré par la BNF


Les sujets et thématiques
L’indexation des sujets et thèmes des œuvres de fiction a été mise en place plus récemment à la Médiathèque départementale et est encore en cours de construction. On la retrouvera sur Syrtis dans les « mots clés » ou les « sujets ».



Approches complémentaires
Les logiciels de gestion de bibliothèque offrent par ailleurs de nombreux paramètres exploitables pour la recherche et l’organisation des fictions. Les filtres liés au public visé, aux séries, aux types de documents ou encore aux collections facilitent les recherches transversales et personnalisées.
La structuration de la fiction en bibliothèque repose ainsi sur plusieurs approches complémentaires. Pour rendre compte de la diversité des œuvres et des usages, elle nécessite des outils souples et évolutifs, au service de la valorisation des collections et de l’accompagnement des publics. En effet, l’enjeu reste avant tout de faciliter la découverte des œuvres et de mieux accompagner les envies de lecture, d’écoute ou de visionnage des usagers tout en s’adaptant aux usages numériques.
L’indexation de la fiction constitue un enjeu important pour les bibliothèques. En combinant les approches par genre, forme, sujet ou public, elle facilite l’accès aux collections et répond aux besoins variés des usagers. Son évolution constante permet d’accompagner les transformations des pratiques de lecture et des outils numériques
À retenir
